07 février 2008

Le contact chez les hommes africains

Chez les Nord-américains moyens, le contact entre hommes est tabou. Chacun dans sa petite case. Comme s’il fallait protéger sa virilité de celle des autres. Seuls les sportifs en pleine action, bourrés de testostérone, ont le droit de se tapocher affectueusement. Sinon, serrez-vous la main et restez-en là, s’il-vous-plaît, merci.

Sur le continent africain, les tabous sont aussi nombreux qu’ailleurs, mais celui-là n’existe pas. Les hommes sont physiquement plus près les uns des autres. La présence d’un autre poilu dans sa bulle ne constitue pas une menace. C’est difficile à mettre en mots, ça se voit dans les salutations, dans les bons coups, dans la patience, entre amis, dans la famille. Deux gars assis sur une même chaise, deux autres se tenant par la main pour se diriger au même endroit, une gang de copains qui regarde un match de foot ou qui se retrouve après une séparation, aussi courte soit-elle.


Du point de vue de l’observatrice, c’est plutôt sympathique. Je me demande à quel point cet aspect non verbal et inconscient du quotidien fait partie des chocs culturels, dans un sens comme dans l’autre. Et quels sont tous ces codes que j’ai réappris ici, et que mon chéri devra réapprendre à son tour?

1 commentaire:

  1. joceline3:06 p.m.

    moi qui fréquente différents groupes, je remarque que les codes sont à quelques variantes près assez différents si on se retrouve
    1-dans un groupe des jeunes (30 ans et moins)
    2-un groupe d'anglophone.
    3-un groupe homogène d'hétéros ou
    4-un groupe mixte (hétéro/homo)
    5-si j'observe des homoxesuels entre eux
    6-dans certaines familles
    Mon plus grand choc (je crois que c'était culturel) à ce niveau est lorsque je suis arrivée à Montréal en 71 Je fréquentais alors un groupe où il y avait des libanais très chaleureux, des gens d'une commune campagnarde, des montréalais de diverses régions. Je crois même que c'est à cet époque que j'ai vu deux hommes se faire l'accolade. Comme je viens d'une famille un peu frileuse quand il s'agit d'échanger des salutations j'ai été confronté à ma propre inexpérience des salutions où l'on embrasse les gens à l'arrivée et au départ. Mais tu as raison en général nos distances corporels enfin notre espace vital est spontanémant et socialement assez différente des gens du sud.
    Hier j'ai assisté à une cérémonie des adieux pour une amie que je ne fréquentais pas beaucoup ces dernières années. Elle était l'ainée d'une famille très clan si on peu dire ainsi. Des amis de longue date étaient inclus dans ce clan. Pour plusieurs cette épreuve était communicable par de longues périodes d'accolade en silence(hug comme on dit en anglais). Mais c'est chez les femmes que cela semblait le plus naturel.
    Choc culturel oui, mais je trouve que de plus en plus ces choses changent surtout au contact des autres cultures. Et je trouve qu'on est assez perméable. Par exemple on avait spontanément adopté la méthode libanaise de salutations. Comme si on attendait la permission et que dans le fond on aimait bien se rapprocher physiquement. À très bientôt

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