15 janvier 2008

Architecture anarchique

On savait déjà que, dans un pays où l’État est faible, il est difficile de faire respecter la loi. L’indépendance des forces constabulaires et du système de justice est limitée et le fonctionnement de l’État dans son ensemble est huilé par les batchicks.

Mais ce à quoi je n’avais pas pensé, c’est au code du bâtiment. Les règles qui régissent la construction des édifices ne sont pas plus respectées que les autres. Jusqu’à récemment, cela ne posait pas réellement de problèmes. En effet, la plupart des constructions de Niamey n’ont qu’un étage. Les grands édifices du centre-ville datent tous des années 80, époque où la richesse de l’uranium et un dictateur relativement éclairé garantissaient une meilleure application de la législation.

Mais dans les dernières années, les constructions à 2 ou 3 étages se multiplient dans la ville. Appartements, maisons privées ou bureaux, ces bâtiments sont construits à la va-vite, au petit bonheur la chance, sans véritables plans (j’en ai eu sous la main dernièrement, même moi je peux faire ça), avec des matériaux de mauvaises qualités – le promoteur coupe où il peut pour faire de l’argent – et par des ouvriers non qualifiés. Parce que ce sont des bâtiments de petites envergures, il n’est arrivé pour le moment qu’un seul accident : une maison s’est effondrée pendant son édification. Un mort, une dizaine de blessés.

Heureusement que le Niger n’a aucune activité sismique et que les matériaux utilisés sont pratiquement ininflammables.

3 commentaires:

  1. tamaman8:43 a.m.

    Un mort et une dizaine de blessés dans l'effondrement d'un bâtiment de deux étages, c'est énorme. Je me rappelle vaguement des échafaudages rudimentaires de Niamey. Les casques protecteurs doivent être rares. Et les chaussures de sécurité inexistantes. Sans parler des instruments de travail plus ou moins adéquats. Une photo d'un chantier, c'est possible? Il y a toujours un architecte qui sommeille en nous.

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  2. on a cassé une dalle de béton au marteau et en tongs ou espadrilles cet été, c'était marrant.
    enfin, marrant parce que ça a duré qu'une semaine, et que c'est pas notre boulot infernal pour manger à la fin de la semaine...

    sur les chantiers, pas de casques, pas de gants, en tongs ou plus souvent pieds nus, torses nus etc...
    à la fabrique de charbon, c'est tout juste s'ils ont des t shirts à se mettre sur le nez et la bouche en guise de masque anti fumée et poussière

    (le tout à Lomé, Togo, comme ailleurs)
    ....

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  3. Les photos de chantier, c'st un peu compliqué, les gens n'aiment pas trop être photographiés par les temps qui courent il semble.

    Quant aux conditions de travail, Lomé, Niamey, même combat.

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