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16 janvier 2012
55/505 Écriture
Un échec sur toute la ligne. J'ai avancé dans quelques projets, mais je n'ai rien terminé. Et personne n'a lu quoique ce soit. Je ne jette rien, je continue à garder tout cela en tête. On verra bien où cela me mènera, éventuellement.
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55 choses en 505 jours,
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09 février 2010
25 juin 2008
Trop drôle
Intérieur soir.
Une mère qui essaie de lire une histoire à sa fille avant de se coucher.
Une fille de deux ans et demi qui se prend le pied à deux mains et qui se le met derrière l'oreille, avec le plus grand sourire de crapule jamais vu.
- Chipounette, si tu veux pas d'histoire, tu le dis, on va faire dodo.
- Non non, veux l'his'oi'e.
- Arrête de bouger, alors, et écoute.
- eiiiin (traduction: oui)
La petite continue son histoire de pied.
- Cocotte, qu'est-ce que tu fais?
- C'est comme le c'ien maman!
La mère a ri toute la soirée.
Une mère qui essaie de lire une histoire à sa fille avant de se coucher.
Une fille de deux ans et demi qui se prend le pied à deux mains et qui se le met derrière l'oreille, avec le plus grand sourire de crapule jamais vu.
- Chipounette, si tu veux pas d'histoire, tu le dis, on va faire dodo.
- Non non, veux l'his'oi'e.
- Arrête de bouger, alors, et écoute.
- eiiiin (traduction: oui)
La petite continue son histoire de pied.
- Cocotte, qu'est-ce que tu fais?
- C'est comme le c'ien maman!
La mère a ri toute la soirée.
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Chipounette,
Parler c'est pas facile,
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14 mars 2008
Nouvelle définition
Autour de la cuisinière au gaz.
Une Chipounette, sa maman, un wok qui crépite.
- Ouuuuu! C'est chaud.
- Oui, c'est chaud. C'est du feu.
- Feu. Le feu b'eu.
- Bleu? (se penche) Ah oui, c'est vrai, le feu est bleu.
- B'eu. C'est chaud.
- Oui. Hum... On n'a plus les couleurs chaudes qu'on avait, mais oui, ce bleu là est chaud ma chérie.
- B'avo!
Une Chipounette, sa maman, un wok qui crépite.
- Ouuuuu! C'est chaud.
- Oui, c'est chaud. C'est du feu.
- Feu. Le feu b'eu.
- Bleu? (se penche) Ah oui, c'est vrai, le feu est bleu.
- B'eu. C'est chaud.
- Oui. Hum... On n'a plus les couleurs chaudes qu'on avait, mais oui, ce bleu là est chaud ma chérie.
- B'avo!
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14 décembre 2007
Confusion des sons
Intérieur soir
Chambre d'enfant, une mère et sa fille qui regardent un imagier.
- Où il est l'orignal ma chérie?
- imiè. ouuuu imiè
- imiè? orignal.
- imiè! (en pointant la lumière) imiè (en pointant l'orignal)
- Hum. Non, pas vraiment. Orignal. Lumière.
- imiè. ooooooo! Potam
- Oui ça c'est un hippopotame. Bravo.
_____
Vous saviez pas qu'on s'éclairait avec des orignaux à Niamey? Moi non plus.
Chambre d'enfant, une mère et sa fille qui regardent un imagier.
- Où il est l'orignal ma chérie?
- imiè. ouuuu imiè
- imiè? orignal.
- imiè! (en pointant la lumière) imiè (en pointant l'orignal)
- Hum. Non, pas vraiment. Orignal. Lumière.
- imiè. ooooooo! Potam
- Oui ça c'est un hippopotame. Bravo.
_____
Vous saviez pas qu'on s'éclairait avec des orignaux à Niamey? Moi non plus.
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07 novembre 2007
Fille de maraîcher
Intérieur soir.
Une mère qui fait de la soupe et sa fille qui "l'aide".
- Pata!
- Oui, c'est une patate
- Pata.
- Non, ça c'est une tomate ma cocotte.
- Pata?
- Tomate
- Cocon!
- Hum, c'est vrai que ça ressemble à un concombre, mais c'est un zucchini.
- Cocon!
- Zucchini
- Cocon.
- Non, ça c'est même pas proche, c'est une carotte.
- O! Cocon?
- Chou
- Sou
- Ouais bravo, chou!
- Sou. Bavooo!
- Pata?
- Hum, haricot. On est loin de la patate. Tiens, ça c'est une patate.
- Pata.
- Oui, mais évite de la jeter par terre ma chérie s'il-te-plait.
- Pata.
- Tomate
- Pata bobo!
- Non Anoura, vraiment, écrase pas les tomates comme ça! Laisse les tomates tranquilles.
- Pata!
- Pata!
- Non, carotte. Laisse mes légumes sur le comptoir ma fille, sinon on ne mangera pas de soupe ce soir. Et puis on ne mangera pas du tout, parce que c'est ça le menu!
- Cocon!
- Ok, ça suffit, mets tes souliers et va jouer au jardin avec ton papa.
- Chaussu! Papa!
- Meeerci!
- Fofo!
Une mère qui fait de la soupe et sa fille qui "l'aide".
- Pata!
- Oui, c'est une patate
- Pata.
- Non, ça c'est une tomate ma cocotte.
- Pata?
- Tomate
- Cocon!
- Hum, c'est vrai que ça ressemble à un concombre, mais c'est un zucchini.
- Cocon!
- Zucchini
- Cocon.
- Non, ça c'est même pas proche, c'est une carotte.
- O! Cocon?
- Chou
- Sou
- Ouais bravo, chou!
- Sou. Bavooo!
- Pata?
- Hum, haricot. On est loin de la patate. Tiens, ça c'est une patate.
- Pata.
- Oui, mais évite de la jeter par terre ma chérie s'il-te-plait.
- Pata.
- Tomate
- Pata bobo!
- Non Anoura, vraiment, écrase pas les tomates comme ça! Laisse les tomates tranquilles.
- Pata!
- Pata!
- Non, carotte. Laisse mes légumes sur le comptoir ma fille, sinon on ne mangera pas de soupe ce soir. Et puis on ne mangera pas du tout, parce que c'est ça le menu!
- Cocon!
- Ok, ça suffit, mets tes souliers et va jouer au jardin avec ton papa.
- Chaussu! Papa!
- Meeerci!
- Fofo!
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10 octobre 2007
La notion de température
Intérieur, petit matin
Une maman, pas trop réveillée, il lui manque encore un élément essentiel
Une bébinette, bien réveillée, en mode exploratoire
Une bouteille d'eau
Un café (le dit élément essentiel)
- f'oi
- Oui ma chérie, l'eau est froide; elle sort du frigo.
- f'oi
- humhum
- f'oi
- Non, chaud. Le café est chaud.
- f'oi
- Chaud, le café froid, c'est imbuvable; mon café est chaud.
- f'oi
- chaud
- f'oi
- oui, l'eau est froide
- f'oi
- non, chaud
- f'oi
- chaud
etc. etc.
Tous les matins.
Une maman, pas trop réveillée, il lui manque encore un élément essentiel
Une bébinette, bien réveillée, en mode exploratoire
Une bouteille d'eau
Un café (le dit élément essentiel)
- f'oi
- Oui ma chérie, l'eau est froide; elle sort du frigo.
- f'oi
- humhum
- f'oi
- Non, chaud. Le café est chaud.
- f'oi
- Chaud, le café froid, c'est imbuvable; mon café est chaud.
- f'oi
- chaud
- f'oi
- oui, l'eau est froide
- f'oi
- non, chaud
- f'oi
- chaud
etc. etc.
Tous les matins.
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25 juillet 2007
La brousse, vraiment, quelle aventure!
Une autre expédition en brousse hier. Encore des aventures rocambolesques. Il doit y avoir une raison. Je suis peut-être filmée à mon insu.
Le départ se fait normalement. Je n’ai oublié que ma caméra, de quoi écrire et une collation. Je règle rapidement le deuxième problème en passant au bureau du partenaire afin de chiper quelques feuilles dans l’imprimante. Je me mords les doigts pour le premier (quoique, la caméra de mamaman en brousse, est-ce un risque que je peux vraiment prendre) et je me mordrai les mêmes doigts pour le dernier, mais plus tard. J’ai quand même de l’eau glacée, une chemise à manches longues, un crayon, mes questions, de la crème solaire, l’argent pour le carburant et de bonnes sandales pour marcher. Ce qui me fait tout de même une bonne moyenne.
C’est un départ, le premier trajet est sans rebondissements, je ne la mentionnerai pas, sauf peut-être pour dire que j’avais mis ma ceinture – on ne m’y prendra pas deux fois.
Premier village, presque tout le monde est parti aux champs. En effet, il a plu dimanche, certains travaux ne peuvent pas attendre. Bon, on fait quoi? On annule? On fait la rencontre avec ceux qui sont là? Soyons réalistes, le seul qui répond généralement aux questions, c’est le président de la coopérative. Il est là, donc on peut faire la rencontre. Un autre avantage du petit nombre, les femmes sont majoritaires, elles sont plus proches, elles entendent ce qui se passe et se risquent même à faire quelques interventions. Madhallah!
Je quitte en leur souhaitant de bonnes pluies pendant mon départ et une bonne récolte. La prochaine rencontre aura lieu… éventuellement. Entre mon retour, les récoltes, le ramadan et le reste, on ne peut rien prévoir pour le moment.
On s’embarque à nouveau dans notre bolide modèle dernière sécheresse et direction notre deuxième rendez-vous. On est déjà un peu en retard, mais, si on fait ça bien, ça ne sera pas dramatique. 10h45, je commence à avoir un petit creux. Mais on espère avoir fini avant 13h, donc je vais patienter.
Vous me voyez venir? En effet, c’est ici que ça se corse.
On prend un mauvais virage. La route habituelle est bloquée et on doit passer plus haut. Mais au lieu de redescendre et de reprendre son chemin, le chauffeur du véhicule décide de continuer tout droit. J’exprime quelques doutes et suggère de revenir sur nos pas pour plus de sécurité. Ça passe dans le beurre, je suis jeune, femme et étrangère, il est vieux, homme et local. C’est perdu d’avance, il ne peut pas avoir tort. Le chauffeur, fort sympathique par ailleurs et excellent traducteur, décide de demander son chemin à un vieux sur la route. Encore un qui ne semble pas avoir la pleine jouissance de ses capacités auditives. Selon cet acolyte, paraît-il qu’on va y arriver si on continue tout droit. Hum. Tout droit. Les deux mots dont il faut se méfier quand on a perdu son chemin dans la brousse africaine. D’abord, les pistes ne vont jamais ‘tout droit’ et puis certains embranchements ne présentent définitivement pas l’option ‘tout droit’. M’enfin.
J’ai la nette impression que notre village cible se trouve sur notre droite et que le véhicule persiste à aller vers la gauche. J’exprime une fois de plus certains doutes. À noter ici que j’ai le sens de l’orientation d’une moule, si on assume que la moule, ne se déplaçant que très peu au cours de son existence, n’est que peu ou pas pourvu de ce sens de la perception spatiale. Donc, je n’insiste pas. Mais le sentiment d’aller dans la mauvaise direction, lui, oui.
Le paysage n’est pas le bon. On est sur les plateaux, sur des terres dégradées avec des aménagements de rétention d’eau, complètement déserts, pas une âme qui vive à l’horizon (donc personne à qui demander son chemin). Le village est dans une vallée sableuse, où les terres sont ensemencées, où le mil commence à poindre et où il y a une foule relative. Et ce n’est pas si loin. Petit regard sur la jauge à essence. Bon ça va, on a pris large en faisant le plein ce matin.
Au bout d’une heure, on rencontre… un vieux. Ah tiens, quelle surprise, il n’entend pas super bien. Mais ses indications sont confiantes : on est passé tout droit. Et elles me rassurent sur mon sens de l’orientation, et accessoirement sur celui des moules, on est beaucoup trop à gauche. Il faut faire demi-tour et prendre à gauche au prochain embranchement. Puis, c’est tout droit. Bon. Au pire, on se retrouve en ville et on recommence, mais on commence à être salement en retard. Dès qu’on arrive dans une zone où le réseau téléphonique a prise, je reçois sur mon téléphone une multitude d’avis d’appels manqués. On nous attend, c’est évident. Et j’ai faim.
Roule roule roule. On passe dans un champ d’acacias en fleurs, ça sent bon le miel et la pluie. Après encore quelques hésitations et détours, nous voilà à l’endroit où nous laisserons notre véhicule, question de ne pas réitérer nos exploits de la semaine dernière. Petite marche agréable dans les eucalyptus, eux aussi en fleurs. Je me demande si c’est ça que sent l’Australie.
En arrivant avec près de 2h30 de retard, nous ne sommes pas exactement surpris de constater qu’il n’y a personne. Quelques vieux arrivent, des gamins aussi. On envoie les gamins aviser les femmes. On s’assoit sur les bancs qui sont là et qui attendent la réunion. Je demande une natte, mon hypoglycémie et moi ne nous sentons pas très à l’aise sur le banc bancal. On finit par avoir une rencontre, dans les conditions exactes de la précédente. Les débuts sont difficiles, mon hypoglycémie et moi avons quelques difficultés à nous concentrer et à être cohérentes. Mais le traducteur a déjà traduit cette rencontre une fois, il assure la cohérence à ma place.
Ça se termine sur les mêmes vœux et les mêmes promesses. Et sur une douzaine d’œufs. Je les emballe dans ma chemise, ce soir nous mangerons une omelette. Retour expéditif à la ville, le chauffeur me dépose chez moi, je saute sur les petites madeleines avant de prendre une douche et de me sustenter correctement. Il est 16h au moment où je mords à belles dents dans mon sandwich au Paris Pâté. At last. Je ne suis pas faite pour la famine.
Le départ se fait normalement. Je n’ai oublié que ma caméra, de quoi écrire et une collation. Je règle rapidement le deuxième problème en passant au bureau du partenaire afin de chiper quelques feuilles dans l’imprimante. Je me mords les doigts pour le premier (quoique, la caméra de mamaman en brousse, est-ce un risque que je peux vraiment prendre) et je me mordrai les mêmes doigts pour le dernier, mais plus tard. J’ai quand même de l’eau glacée, une chemise à manches longues, un crayon, mes questions, de la crème solaire, l’argent pour le carburant et de bonnes sandales pour marcher. Ce qui me fait tout de même une bonne moyenne.
C’est un départ, le premier trajet est sans rebondissements, je ne la mentionnerai pas, sauf peut-être pour dire que j’avais mis ma ceinture – on ne m’y prendra pas deux fois.
Premier village, presque tout le monde est parti aux champs. En effet, il a plu dimanche, certains travaux ne peuvent pas attendre. Bon, on fait quoi? On annule? On fait la rencontre avec ceux qui sont là? Soyons réalistes, le seul qui répond généralement aux questions, c’est le président de la coopérative. Il est là, donc on peut faire la rencontre. Un autre avantage du petit nombre, les femmes sont majoritaires, elles sont plus proches, elles entendent ce qui se passe et se risquent même à faire quelques interventions. Madhallah!
Je quitte en leur souhaitant de bonnes pluies pendant mon départ et une bonne récolte. La prochaine rencontre aura lieu… éventuellement. Entre mon retour, les récoltes, le ramadan et le reste, on ne peut rien prévoir pour le moment.
On s’embarque à nouveau dans notre bolide modèle dernière sécheresse et direction notre deuxième rendez-vous. On est déjà un peu en retard, mais, si on fait ça bien, ça ne sera pas dramatique. 10h45, je commence à avoir un petit creux. Mais on espère avoir fini avant 13h, donc je vais patienter.
Vous me voyez venir? En effet, c’est ici que ça se corse.
On prend un mauvais virage. La route habituelle est bloquée et on doit passer plus haut. Mais au lieu de redescendre et de reprendre son chemin, le chauffeur du véhicule décide de continuer tout droit. J’exprime quelques doutes et suggère de revenir sur nos pas pour plus de sécurité. Ça passe dans le beurre, je suis jeune, femme et étrangère, il est vieux, homme et local. C’est perdu d’avance, il ne peut pas avoir tort. Le chauffeur, fort sympathique par ailleurs et excellent traducteur, décide de demander son chemin à un vieux sur la route. Encore un qui ne semble pas avoir la pleine jouissance de ses capacités auditives. Selon cet acolyte, paraît-il qu’on va y arriver si on continue tout droit. Hum. Tout droit. Les deux mots dont il faut se méfier quand on a perdu son chemin dans la brousse africaine. D’abord, les pistes ne vont jamais ‘tout droit’ et puis certains embranchements ne présentent définitivement pas l’option ‘tout droit’. M’enfin.
J’ai la nette impression que notre village cible se trouve sur notre droite et que le véhicule persiste à aller vers la gauche. J’exprime une fois de plus certains doutes. À noter ici que j’ai le sens de l’orientation d’une moule, si on assume que la moule, ne se déplaçant que très peu au cours de son existence, n’est que peu ou pas pourvu de ce sens de la perception spatiale. Donc, je n’insiste pas. Mais le sentiment d’aller dans la mauvaise direction, lui, oui.
Le paysage n’est pas le bon. On est sur les plateaux, sur des terres dégradées avec des aménagements de rétention d’eau, complètement déserts, pas une âme qui vive à l’horizon (donc personne à qui demander son chemin). Le village est dans une vallée sableuse, où les terres sont ensemencées, où le mil commence à poindre et où il y a une foule relative. Et ce n’est pas si loin. Petit regard sur la jauge à essence. Bon ça va, on a pris large en faisant le plein ce matin.
Au bout d’une heure, on rencontre… un vieux. Ah tiens, quelle surprise, il n’entend pas super bien. Mais ses indications sont confiantes : on est passé tout droit. Et elles me rassurent sur mon sens de l’orientation, et accessoirement sur celui des moules, on est beaucoup trop à gauche. Il faut faire demi-tour et prendre à gauche au prochain embranchement. Puis, c’est tout droit. Bon. Au pire, on se retrouve en ville et on recommence, mais on commence à être salement en retard. Dès qu’on arrive dans une zone où le réseau téléphonique a prise, je reçois sur mon téléphone une multitude d’avis d’appels manqués. On nous attend, c’est évident. Et j’ai faim.
Roule roule roule. On passe dans un champ d’acacias en fleurs, ça sent bon le miel et la pluie. Après encore quelques hésitations et détours, nous voilà à l’endroit où nous laisserons notre véhicule, question de ne pas réitérer nos exploits de la semaine dernière. Petite marche agréable dans les eucalyptus, eux aussi en fleurs. Je me demande si c’est ça que sent l’Australie.
En arrivant avec près de 2h30 de retard, nous ne sommes pas exactement surpris de constater qu’il n’y a personne. Quelques vieux arrivent, des gamins aussi. On envoie les gamins aviser les femmes. On s’assoit sur les bancs qui sont là et qui attendent la réunion. Je demande une natte, mon hypoglycémie et moi ne nous sentons pas très à l’aise sur le banc bancal. On finit par avoir une rencontre, dans les conditions exactes de la précédente. Les débuts sont difficiles, mon hypoglycémie et moi avons quelques difficultés à nous concentrer et à être cohérentes. Mais le traducteur a déjà traduit cette rencontre une fois, il assure la cohérence à ma place.
Ça se termine sur les mêmes vœux et les mêmes promesses. Et sur une douzaine d’œufs. Je les emballe dans ma chemise, ce soir nous mangerons une omelette. Retour expéditif à la ville, le chauffeur me dépose chez moi, je saute sur les petites madeleines avant de prendre une douche et de me sustenter correctement. Il est 16h au moment où je mords à belles dents dans mon sandwich au Paris Pâté. At last. Je ne suis pas faite pour la famine.
j'ai encore tout classé
il faut bien travailler,
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19 juillet 2007
Des fois, on se retrouve dans un film de série B
Ça commence deux jours plus tôt. On essaie de rejoindre des gens qui sont toujours hors réseau, on rejoint le petit frère qui ne comprend rien. Ils nous rejoignent finalement alors que personne ne peut servir d’interprète. On pense qu’on réussit à se comprendre avec nos trois mots de djerma et ses six mots de français. On se dit que ça va aller, on va y aller, le message est sûrement passé, les gens seront là.
Et puis une tuile, une réunion, en même temps que l’autre réunion, mais prioritaire, puisque c’est peut-être un bailleur de fonds et que les hautes instances en ont décidé ainsi. Mais on recommence la valse des téléphones hors réseau, en se disant une fois de plus ça va marcher.
Suspense, changement de narrateur.
Ce midi, je reçois un appel : on part plus tôt. Euh, ok, on va essayer. Mais vraiment, je suis plus en tenue ‘je rencontre des organisations et j’essaie de leur soutirer de l’information’ que ‘je vais m’asseoir par terre sur une natte au village’. En plus, je n’ai pas d’eau, pas les notes dont j’ai besoin, pas l’argent pour le carburant, pas mon ordre de mission et pas mangé. Vraiment. Je fais ce que je peux pour être là dans moins d’une heure.
Petite toune dynamique dans laquelle on voit le personnage principal monter dans sa voiture, être pris dans un embouteillage pas possible parce que je ne sais quelle administration municipale imbécile a décidé encore une fois de mettre toutes les lumières sur clignotant à l’heure de pointe, entrer chez elle, s’occuper de son bébé qui veut troptrop être dans ses bras, sortir l’argent et une bouteille d’eau, manger, se changer, sortir de la maison sans son argent ni sa bouteille d’eau, se reprendre dans le trafic d’imbéciles, arriver à son lieu de travail, réaliser son oubli, entrer dans le véhicule de terrain avec le chauffeur/traducteur et retourner chez elle. Fin de la petite toune dynamique. Le rythme ralentit, beaucoup même.
On finit par mettre l’essence et par partir. La route est assez mauvaise, mais ça va. Jusqu’au moment où le chauffeur décide d’accélérer pour ne pas s’enfoncer, ça bringuebale pas mal, et arrive ce qui devait arriver, un cahot pas mal plus violent que les autres, je décole de mon siège et je m’assomme sur le plafond de la voiture, en m’assurant bien sûr de cogner la barre de fer qui traverse le toit. Ah, tiens. Je ne suis pas attachée… Je remédie à la situation, heureusement, parce que la route est de pis en pis. Mal à la tête, mal au cou, mais rien de vraiment significatif, ça faisait longtemps que je n’avais pas eu une belle prune comme ça (heureusement, c’est sous les cheveux).
Arrive au village. Personne. Ah bon? Le message de notre retard ne s’est pas rendu. Bon. Les femmes sont-elles là? Sont-elles disponibles? Oui? Ok. On va les attendre. On les attend. On fait la réunion, je joue avec Habibou, 8 mois, qui, malgré toutes les prédictions, ne m’a pas fait pipi dessus (aparté : dans un vrai film de série B, ça serait arrivé, on doit donc être dans la réalité).
On redémarre. On fait la route cahoteuse à l’envers, on effleure la ville et on reprend une route cahoteuse. Enfin, pas vraiment, celle-là est plutôt sableuse et boueuse par endroit. Pour éviter un banc de sable particulièrement rébarbatif et une mare qui semble en vouloir à notre véhicule, on fait un détour par une route qui semble aller relativement dans la même direction. Hum. Ouais. Relativement. Parce qu’en fait pas du tout. Il faut demander notre chemin. Heureusement, c’est le temps des cultures, les champs sont remplis de gens. (Note to self : ah oui, c’est pour ça que je ne vais jamais en brousse seule, je parle trois mots de djerma et en cas de pépin ça ne suffit pas. Continuer cette bonne habitude.) Entre les gamins qui me dévisagent, le vieux borgne qui n’entend rien, les femmes intimidées, la vieille équilibriste (rarement vu un tel talent pour le colis de tête, et pourtant) et les jeunes qui friment, on a fini par arriver à l’endroit du lieu.
Personne. Ah bon. Ici, le message de la réunion, retard ou pas, ne s’est pas rendu aux principales intéressées, soit les femmes de la coopérative. Pas possible non plus de mettre la main sur celui à qui j’ai parlé. Un grand nombre de femmes travaillent aux champs aujourd’hui. Bon. On attend encore. À force de patience, une quinzaine de femmes sont réunies devant nous, on va dire que ça fait le quorum, on commence.
Fin de la réunion, fin de la journée. En théorie. On redémarre avec notre bolide des années 80 (bon, ok, peut-être fin 70). De mare en sable et de sable en mare, on finit par s’ensabler. Un vieux chauffeur et une jeune protagoniste maigrichonne, ça ne sort pas un vieux 4x4 du sable. Mais, encore une fois, les champs sont pleins de gens à cette époque de l’année. Notre équipe de secours, composée d’individus de sexe masculin entre 6 et 75 ans et accompagnée d’un certain nombre d’observatrices, se rassemble en quelques minutes et se met à l’œuvre (ici, vous pouvez reprocher à la jeune protagoniste de ne pas avoir apporté son appareil photo, elle s’est donc contenté d’observer la scène assise à l’ombre en se disant que, des fois, vraiment, elle rate des bonnes occasions par excès de distraction).
Avance, s’enlise un peu plus. Mauvaise idée, en conclut l’équipe de secours, de toute façon le véhicule est enlisé au début du sable, si on pousse par là, on va devoir s’y remettre une fois ou deux. Donc, on recule. Notre jeune protagoniste se dit que, pour un 4x4, cette machine semble être très limitée de la traction avant. Nous découvrirons plus tard que l’option 4x4 n’est plus disponible depuis un certain nombre d’années. Ah bon. Pousse, accélère, s’enfonce, comble avec des mauvaises herbes. Hum. Ça semble vouloir durer. L’équipe de secours décide qu’il faut éteindre le moteur et mettre le véhicule au neutre. Ah oui? Et oui! Ça marche, on est de retour sur la terre ferme. On enlève les branches d’épineux qui, étrangement, bloquent la véritable route. On ne va pas essayer de comprendre. Le film de série B peut se terminer ici, le véhicule s’en allant vers le soleil couchant, ou suivre le personnage presque principal dans son retour à la ville, la récupération de son bolide modèle 91 et le retour à la maison où l’attend sa petite famille, avec la bébinette qui court à sa rencontre et tout et tout.
Et puis une tuile, une réunion, en même temps que l’autre réunion, mais prioritaire, puisque c’est peut-être un bailleur de fonds et que les hautes instances en ont décidé ainsi. Mais on recommence la valse des téléphones hors réseau, en se disant une fois de plus ça va marcher.
Suspense, changement de narrateur.
Ce midi, je reçois un appel : on part plus tôt. Euh, ok, on va essayer. Mais vraiment, je suis plus en tenue ‘je rencontre des organisations et j’essaie de leur soutirer de l’information’ que ‘je vais m’asseoir par terre sur une natte au village’. En plus, je n’ai pas d’eau, pas les notes dont j’ai besoin, pas l’argent pour le carburant, pas mon ordre de mission et pas mangé. Vraiment. Je fais ce que je peux pour être là dans moins d’une heure.
Petite toune dynamique dans laquelle on voit le personnage principal monter dans sa voiture, être pris dans un embouteillage pas possible parce que je ne sais quelle administration municipale imbécile a décidé encore une fois de mettre toutes les lumières sur clignotant à l’heure de pointe, entrer chez elle, s’occuper de son bébé qui veut troptrop être dans ses bras, sortir l’argent et une bouteille d’eau, manger, se changer, sortir de la maison sans son argent ni sa bouteille d’eau, se reprendre dans le trafic d’imbéciles, arriver à son lieu de travail, réaliser son oubli, entrer dans le véhicule de terrain avec le chauffeur/traducteur et retourner chez elle. Fin de la petite toune dynamique. Le rythme ralentit, beaucoup même.
On finit par mettre l’essence et par partir. La route est assez mauvaise, mais ça va. Jusqu’au moment où le chauffeur décide d’accélérer pour ne pas s’enfoncer, ça bringuebale pas mal, et arrive ce qui devait arriver, un cahot pas mal plus violent que les autres, je décole de mon siège et je m’assomme sur le plafond de la voiture, en m’assurant bien sûr de cogner la barre de fer qui traverse le toit. Ah, tiens. Je ne suis pas attachée… Je remédie à la situation, heureusement, parce que la route est de pis en pis. Mal à la tête, mal au cou, mais rien de vraiment significatif, ça faisait longtemps que je n’avais pas eu une belle prune comme ça (heureusement, c’est sous les cheveux).
Arrive au village. Personne. Ah bon? Le message de notre retard ne s’est pas rendu. Bon. Les femmes sont-elles là? Sont-elles disponibles? Oui? Ok. On va les attendre. On les attend. On fait la réunion, je joue avec Habibou, 8 mois, qui, malgré toutes les prédictions, ne m’a pas fait pipi dessus (aparté : dans un vrai film de série B, ça serait arrivé, on doit donc être dans la réalité).
On redémarre. On fait la route cahoteuse à l’envers, on effleure la ville et on reprend une route cahoteuse. Enfin, pas vraiment, celle-là est plutôt sableuse et boueuse par endroit. Pour éviter un banc de sable particulièrement rébarbatif et une mare qui semble en vouloir à notre véhicule, on fait un détour par une route qui semble aller relativement dans la même direction. Hum. Ouais. Relativement. Parce qu’en fait pas du tout. Il faut demander notre chemin. Heureusement, c’est le temps des cultures, les champs sont remplis de gens. (Note to self : ah oui, c’est pour ça que je ne vais jamais en brousse seule, je parle trois mots de djerma et en cas de pépin ça ne suffit pas. Continuer cette bonne habitude.) Entre les gamins qui me dévisagent, le vieux borgne qui n’entend rien, les femmes intimidées, la vieille équilibriste (rarement vu un tel talent pour le colis de tête, et pourtant) et les jeunes qui friment, on a fini par arriver à l’endroit du lieu.
Personne. Ah bon. Ici, le message de la réunion, retard ou pas, ne s’est pas rendu aux principales intéressées, soit les femmes de la coopérative. Pas possible non plus de mettre la main sur celui à qui j’ai parlé. Un grand nombre de femmes travaillent aux champs aujourd’hui. Bon. On attend encore. À force de patience, une quinzaine de femmes sont réunies devant nous, on va dire que ça fait le quorum, on commence.
Fin de la réunion, fin de la journée. En théorie. On redémarre avec notre bolide des années 80 (bon, ok, peut-être fin 70). De mare en sable et de sable en mare, on finit par s’ensabler. Un vieux chauffeur et une jeune protagoniste maigrichonne, ça ne sort pas un vieux 4x4 du sable. Mais, encore une fois, les champs sont pleins de gens à cette époque de l’année. Notre équipe de secours, composée d’individus de sexe masculin entre 6 et 75 ans et accompagnée d’un certain nombre d’observatrices, se rassemble en quelques minutes et se met à l’œuvre (ici, vous pouvez reprocher à la jeune protagoniste de ne pas avoir apporté son appareil photo, elle s’est donc contenté d’observer la scène assise à l’ombre en se disant que, des fois, vraiment, elle rate des bonnes occasions par excès de distraction).
Avance, s’enlise un peu plus. Mauvaise idée, en conclut l’équipe de secours, de toute façon le véhicule est enlisé au début du sable, si on pousse par là, on va devoir s’y remettre une fois ou deux. Donc, on recule. Notre jeune protagoniste se dit que, pour un 4x4, cette machine semble être très limitée de la traction avant. Nous découvrirons plus tard que l’option 4x4 n’est plus disponible depuis un certain nombre d’années. Ah bon. Pousse, accélère, s’enfonce, comble avec des mauvaises herbes. Hum. Ça semble vouloir durer. L’équipe de secours décide qu’il faut éteindre le moteur et mettre le véhicule au neutre. Ah oui? Et oui! Ça marche, on est de retour sur la terre ferme. On enlève les branches d’épineux qui, étrangement, bloquent la véritable route. On ne va pas essayer de comprendre. Le film de série B peut se terminer ici, le véhicule s’en allant vers le soleil couchant, ou suivre le personnage presque principal dans son retour à la ville, la récupération de son bolide modèle 91 et le retour à la maison où l’attend sa petite famille, avec la bébinette qui court à sa rencontre et tout et tout.
j'ai encore tout classé
il faut bien travailler,
Niger,
scénarii
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