02 avril 2007

Drôle de lessive


01 avril 2007

8IT 3513 RN

Ça y est, nous avons enfin obtenu ces quelques chiffres et lettres qui nous permettent de rouler de façon tout à fait légale sur les routes du Niger. Mais ce ne fut pas sans peine. Nous avons dû faire au moins 10 fois le tour de la ville, attendre des heures dans les endroits les plus incongrus que quelqu’un daigne enfin nous signer un papier, faire des dizaines de photocopies pour être sûrs que toutes ces épreuves ne disparaissent pas dans un coup de vent ou entre les mains de quelqu’un qui se serait accordé quelques droits que nous ne connaissions pas…

La clé de tout cela, ce sont les 2 petites lettres IT : immatriculation temporaire. Immatriculation sans dédouanement en fait, 15 à 20 fois moins chère que le dédouanement standard, qui lui est 15 à 20 fois plus rapide, on ne peut pas tout avoir.

Tout a commencé avec un Protocole d’accord type qui n’avait pas été signé. Des tracasseries administratives entre les ONG internationales et le gouvernement local qui ont pris beaucoup plus de temps que prédit. Cette absence d’accord (qui reconnaît aux ONG internationales le droit d’être au Niger et d’être exonérées de certaines taxes) nous a donc obligés à attendre tout un avant-midi dans un bureau trop climatisé (ça, c’était au mois de novembre, il ne faisait pas encore chaud) qu’un quelconque directeur arrive d’on ne sait où pour nous accorder un laissez-passer temporaire – il a été gentil, il nous a donné 2 mois. La procédure comme telle : 2 minutes, top chrono.

Puis vint enfin la signature du dit accord. Mais pas sans que nous ayons eu à refaire l’étape ci-dessus au mois de février, avec les mêmes délais, mais cette fois-ci sans avoir froid aux pieds, c’est déjà ça de gagné.

Puis est venue la ronde des signatures : D’abord Interpol, c’est bon, la voiture n’est pas volée, ou enfin pas déclarée volée. Ensuite, il y a l’achat du formulaire d’exonération qui nécessite à lui seul trois signatures, dont une qui m’a prise 2 semaines et 3h d’attente dans un bureau pour ‘accélérer’ les choses. Pour obtenir ces signatures, il a fallu faire un premier tour de ville pour connaître la valeur de la voiture selon les livres (500 000 FCFA, c’est vraiment un vieux truc). Puis vient le certificat de mise à la consommation, lui aussi 3 signatures, à trois endroits les plus éloignés possible les uns des autres dans la ville de Niamey (de la sortie de Dosso dépassée l’aéroport, jusqu’à la douane d’Harobanda, pour ceux qui connaissent la ville) – heureusement qu’on a une voiture… Ensuite un PV pour que quelqu’un certifie qu’on a enfin tous les papiers – toujours dans un endroit différent et le plus reculé possible. Ajoutez à cela : les cafouillages, les étapes oubliées et reprises, les signatures auprès de l’employeur qui doit certifier à quelques reprises que oui oui, c’est bien pour lui qu’on travaille. Bref, plus de 4 mois plus tard, des dizaines de contrôles policiers dont 3 dans la dernière journée, journée où heureusement on avait enfin des semblants de papiers valables et où n’avons donc pas eu à convaincre les policiers de ne pas saisir la voiture sur le champ – entendez-y ce que qui doit s’y entendre – nous avons enfin un certificat d’immatriculation provisoire!! Parce que le certificat d’immatriculation, appelé ici la carte grise, il n’est pas prêt de sortir, ça fait 6 mois qu’Al attend celui de sa moto, immatriculée elle de la façon la plus standard qui soit.

Le pire, c’est que je crois bien que j’en oublie. Toutes ces attentes se mélangent dans un brouillard commun.

En théorie, on devrait avoir les plaques la semaine prochaine, en attendant, j’ai mis des feuilles de papier pour avoir la paix.

12 mars 2007

Chers contribuables

La Grand-maman est repartie vers des contrées lointaines ; ici on revient à notre petit quotidien familial et surtout au travail, qui sans avoir été arrêté, avait perdu de son aspect prioritaire dans les deux dernières semaines. Et avec la fin de semaine allongée que j’ai prise, j’ai vraiment eu l’impression de rentrer de vacances ce matin.

Ça y est, j’ai un deadline. En fait, j’ai demandé un deadline. Parce que moi, si on ne me donne pas de limite, j’ai tendance à traîner de la patte. Et puis, je devrai éventuellement redéfinir mon mandant à long terme et pour le moment l’état des lieux prend tout mon temps. Si je veux le terminer ET être efficace dans un quelconque partenariat, je ne dois pas mener tout ça de front.


Cette semaine en théorie, je dois commencer à remplir mon premier rapport semestriel – pas que cela fasse six mois que je suis là, les dates sont fixées par le bailleur de fonds, pas par mon petit mandat personnel. Je me demande bien ce que je vais y mettre et comment je vais justifier ma présence ici. Entre les cafouillages institutionnels et les personnages caractériels, je n’ai pas beaucoup d’éléments à inscrire à la case ‘résultats’ de la GAR (gestion axée sur les résultats). En fait, je n’ai même pas de cadre logique ou de mandat précis à évaluer. Je sens que je vais devoir consulter des instances supérieures pour éclaircir tout ça.


Vous constaterez à la lecture du dernier paragraphe que le développement et la coopération ont leur vocabulaire propre que le coopérant-volontaire se doit de maîtriser lorsqu’il s’agit de justifier son travail et l’utilisation des fonds publics qui lui sont attribués.


Dans mon cas personnel, je m’en excuse chers contribuables, les fonds utilisés jusqu’à maintenant n’ont pas véritablement porté fruit. Mais je suis la première à trouver la situation aberrante, alors j’y travaille, j’y travaille…

28 février 2007

argh

Noël, ce sera vendredi, si Air France le permet.

Entre les retards d'avions et les transferts, mamaman a réussi son changement d'avion, mais les bagages se sont perdus en chemin. Hautement désagréable, mais pas dramatique. Mais sur un voyage de 12 jours, ça manque quand même de sérieux.

Après une observation attentive, Anoura a reconnu sa Grand-Maman. Tout le monde est content!

26 février 2007

Noël en février

ouuuuuu!!!!!

Mamaman arrive demain. Pour 12 jours. Nous n'avons aucuns plans, aucunes activités particulières de prévues. L'objectif c'est de profiter du temps que l'on a ensemble, de profiter de la piscine et d'avoir l'impression d'être en vacances même si je ne prends pas vraiment de congé. Bon, je vais bien reprendre les quelques heures supplémentaires que j'ai en banque, mais elles ne sont pas si nombreuses, vu que ça ne fait que quelques semaines que j'ai réellement du travail.

Vraiment, c'est Noël en février. Je vous en reparle. En plus, le problème de l'appareil photo devrait se résoudre par la même occasion, je pourrai enfin vous mettre de photos de mon bébé bipède sur Nouveau Monde.

14 février 2007

Enfin

Après quelques mois de flottement, de cafouillage, de sable dans les engrenages, d’obstacles humains et matériels, me voilà enfin avec quelque chose à me mettre sous la dent. J’ai comme mandat provisoire d’établir un état des lieux de la filière maraîchère au Niger. Tout un défi, puisque je n’ai jamais fait ce genre de démarche. Mais bon, ça m’intéresse, ça me donne du boulot (beaucoup même) et ça peut s’avérer utile, je m’attelle donc à la tâche avec enthousiasme.

Première étape, le débroussaillage. Rencontrer des gens, poser des questions, réunir des documents, comprendre quel est l’objectif de base de cet état des lieux, me faire une première idée de l’ampleur de la tâche, de l’orientation à donner à mes recherches et à mes analyses. C’est là où j’en suis pour le moment. L’analyse et la rédaction viendront en temps et lieux. Les choses se placent tranquillement dans ma tête. Après chaque rencontre, chaque discussion, le tableau se clarifie et je commence à avoir une idée plus claire de ce que je dois faire, qui je dois absolument rencontrer et de ce qui s’avère superflu.

Lorsque j’aurai bien compris de quoi il en retourne, je vous ferai un résumé de la situation maraîchère au cœur du Sahel.

01 février 2007

Chassez le naturel

... et il revient au galop.

Canidé va donc rentrer au jardin sous peu. Je n'ai jamais aimé les chiens, je n'ai aucune patience pour leurs frasques destructrices. Et en plus j'ai une Choupinette qui commence à marcher et qui se sent bousculée par cette bête joueuse, certe, mais tout de même brusque.

Donc le chien s'en va. La prochaine fois qu'il y a un voyage vers le champs, on y embarque la bête. Il ira courir après les vaches, les poules et les moutons. J'aurai eu un chien un mois dans la vie. Je sais maintenant pourquoi je n'en veux plus. Désolée Choupinette, il restera les poissons rouges, papa déteste les chats...

11 janvier 2007

Hein? quoi?



Sara? un chien????

Ben oui, je me suis laissee convaincre par mon homme d'avoir un chien. Incroyable. J'y crois a peine moi-meme. Non, non, je n'aime toujours pas les chiens. Disons que c'est une autre forme de gestion des dechets. Et que maintenant la chipounette fait chhhh chhhh a chaque fois qu'elle le voit, ca l'amuse beaucoup, de loin, dans les bras de maman ou papa.

Mais j'ai un veto permanent sur la presence de cette bete dans la cour de notre maison, si ca me reveille la nuit ou que ca m'embete trop ou que ca ne fait pas l'affaire de la chipounette, c'est retour immediat au jardin.

Vous aurez remarque que le probleme des acccents sur le clavier se pose toujours...

21 décembre 2006

Je vous présente ma poubelle

À première vue, rien de vraiment nouveau : un contenant de métal peint avec un numéro de téléphone dessus, des trous pour laisser s’écouler l’eau pendant la saison des pluies, peut-être même une certaine élégance puisqu’elle s’harmonise avec les couleurs de mon portail (tout à fait fortuit).

Ce qu’il y a d’extraordinaire avec ce contenant à déchet, c’est que trois fois par semaine, quelqu’un vient le vider! Et oui, un gros camion vient ramasser mes déchets et les emmène en dehors de la ville dans un site d’enfouissement. Si ça se trouve, il y en a peut-être même une partie qui est incinérée.

« Ouin, pis? » vous entends-je penser devant votre écran d’ordinateur.

Dans un pays où la gestion des déchets consiste généralement à aller les porter au coin de la rue sur le tas d’immondices qui s’accumulent dangereusement et qu’on brûle une fois de temps en temps (en pleine ville… au coin de votre rue, des déchets qui brûlent, je vous laisse deviner l’odeur et les congestions respiratoires que ça entraîne), cette entreprise privée fait figure de révolutionnaire!

L’entrepreneur (communément appelé par ici l’opérateur économique) qui a eu cette idée de génie a travaillé pendant un certain temps avec un projet de l'ONG pour laquelle je travaille ici à Niamey. En 2004-2005, il travaillait avec un coopérant et la municipalité de Niamey pour tenter d’instaurer un système de récolte et de gestion des déchets solides. Le projet a échoué pour diverses raisons et toute l’idée aurait pu prendre la route des oubliettes. Mais cet homme y a vu une opportunité et il a lancé sa petite entreprise de ramassage des déchets. Bon, je ne comprends toujours pas pourquoi ça s’appelle Presses, mais le principal est qu’il rend un service public inestimable à prix raisonnable.

Pour la modique somme de 7000 francs CFA (17.50$can), vous avez une poubelle installée devant votre concession. Par la suite, il vous en coûte 2000 FCFA (5$can) par mois pour que cette poubelle soit vidée. Ce qui fait un investissement annuel de 24 000 FCFA (60$can) pour que vos déchets soient gérés de façon à assainir la ville.

Bien sûr, ça prend une certaine somme d’argent pour le faire, ce ne sont pas toutes les familles de Niamey qui peuvent ou veulent investir cet argent dans leurs déchets. Mais la possibilité est là, c’est déjà quelque chose, et les gens les plus nantis, qui produisent aussi le plus de déchets, ne se font pas prier pour qu’on les débarrasse sans soucis de leurs immondices.

Les petites poubelles blanches et vertes se multiplient et on voit même apparaître la concurrence…

14 décembre 2006

Luxe et poussière

Aujourd’hui, je vais vous expliquer pourquoi avoir quelqu’un qui fait le ménage et la lessive deux fois par semaine, ce n’est pas du tout un luxe.

Oui, oui, deux fois par semaine, le mardi et le vendredi, Adamou vient passer le balais, laver les planchers et épousseter (en théorie, ça il a vraiment du mal à le faire étrangement), et faire la lessive des grands (la lessive de la petite, c’est Fati la nounou qui fait ça, très bien d’ailleurs). Le mardi il doit aussi laver les surfaces dans les chambres de bain (3, on en a 4 en fait, mais la 4ième est dans l’antre d’Al, alors elle est hors limite – je sais, c’est beaucoup trop, je suis d’accord, mais ce n’est pas moi qui ai décidé). Les surfaces seulement, les creux (entendre les bols), c’est moi qui le fait une fois de temps en temps, les employés de maison refusent de faire ça, enfin, ça dépend du salaire, mais au salaire que je donne, ça ne fait définitivement pas partie du contrat. Mais bon, on s’entends que c’est peu finalement, avec l’époussetage…

ET CE N’EST PAS UN LUXE.

Sérieusement. Pour la santé mentale du coopérant, qui veut avoir le temps de faire autre chose que de lutter perpétuellement contre le sable et la poussière, il faut confier cette tâche ingrate à quelqu’un qui va se faire un plaisir (un grand mot quand même) de le faire contre rémunération. On me dira à l’est que Niamey n’est pas poussiéreuse. Je répondrai que tout est fonction du point de référence.

La poussière est partout, oubliez ça passer un aspirateur vite vite à chaque semaine et épousseter aux deux semaines (pour les plus constants d’entre vous…). D’abord il n’y a pas d’aspirateurs. Et puis le lundi déjà, je sais qu’il commence à être temps qu’Adamou vienne. Quand Anoura se balade par terre, elle devient orange… On se salit les pieds à marcher dans la maison. Quand toutes les surfaces ont été lavées, il faut bien les regarder et en profiter, demain matin déjà elles seront couvertes de poussière et les petites mains de la chipounette s’imprimeront sur les meubles explorés.

Le vrai de vrai luxe, c’est que Fati fait la vaisselle…